"Le changement tant attendu ne viendra que de l'engagement de chaque guinéen à apporter à la construction nationale sa brique. Tout ceci demande beaucoup d'audace et de sacrifice, mais aussi beaucoup de clairvoyance afin que les actions retenues de commun accord puissent servir la cause qui nous réunis ici aujourd'hui c'est -à -dire, le bien être des populations." Lansana Kouyaté (Bel Air)
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) de la Guinée a dénoncé mardi " l’indifférence et la désolidarisation" du gouvernement guinéen, à travers le ministère de l’Administration du territoire et des affaires politiques (MATAP), devant la contestation des résultats provisoires de l’élection du 27 juin par des candidats.
Lors d’une conférence de presse sur le thème "Co-gestion MATAP/ CENI du processus électoral", le chef du Département Information, communication et sensibilisation de la CENI, Thierno Seydou Bayo, a dénoncé le "silence" du ministère de l’Administration du territoire et des affaires politiques après la publication des résultats provisoires le 2 juillet.
Selon lui, le protocole d’accord relatif aux modalités de gestion du processus électoral signé entre la CENI et le MATAP stipule que la CENI est chargée d’organiser les élections en Guinée avec le MATAP comme "partenaire technique" et les deux structures doivent travailler en synergie pour la bonne conduite du processus électoral.
Or, selon M. Seydou Bayo, depuis la publication des résultats, le ministère n’a fait aucune déclaration par rapport aux allégations de fraudes et de bourrage des urnes, alors que 105 cadres du MATAP ont été déployés pour appuyer la CENI dans l’organisation de l’élection présidentielle et que le site central de traitement des données sur le scrutin est basé dans les locaux du ministère.
"Nous ne comprenons pas cette indifférence, cette désolidarisation du MATAP face à notre institution alors que nous avons travaillé en synergie durant tout le processus jusqu’à la proclamation des résultats provisoires", s’est-il insurgé.
"Il faudrait bien qu’ils (les cadres du MATAP) s’expliquent pour appuyer la version de la CENI", a-t-il ajouté.
Le conférencier a qualifié de "gratuites et sans fondement juridiques" les accusations de fraudes et de bourrage des urnes portées par des candidats malheureux après le 1er tour.
"Je ne vois pas comment des gens peuvent toujours parler de fraudes massives, de bourrages d’urnes, de falsifications des résultats du vote, alors qu’ils n’ont aucune preuve tangible et concrète", a-t-il dit avant d’espérer une "prochaine communication " du MATAP sur l’organisation du scrutin du 27 juin.
"Il faudrait bien qu’ils s’expliquent sur la collaboration dans l’organisation des élections car nous avons travaillé en symbiose avec eux", a-t-il répété.
En attendant la proclamation des résultats définitifs du 1er tour de l’élection présidentielle par la Cour suprême, les candidats Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, arrivés respectivement 1er et 2e, sont admis pour le deuxième tour selon les résultats provisoires de la CENI.
La campagne électorale pour le second tour de l’élection présidentielle en Guinée a démarré dimanche 5 septembre, le deuxième tour étant fixé au 19 de ce mois. Une élection qui opposera l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo à l'opposant historique Alpha Condé. Le 3 septembre 2010 à Ouagadougou, les deux postulants à la magistrature suprême ont signé, sous l’œil du médiateur Blaise Compaoré, un accord dans lequel ils s’engagent à mener une « campagne politique apaisée » et à se conformer « scrupuleusement » au verdict des urnes.
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